Ça va bien aller… mais ça va mal finir!

Ça va bien aller… mais ça va mal finir!

Dès le début du confinement dû à la pandémie, le slogan «Ça va bien aller!» m’a inspiré cette suite dramatique : «mais ça va mal finir…». Non pas que je sois devin, ni particulièrement pessimiste, mais plutôt parce que je connais bien notre réseau de la santé et le niveau de détresse qu’avaient les personnels bien avant le début de cette crise. Plusieurs oublient trop facilement que depuis le début des années quatre-vingt tous les gouvernements ont réduit les conditions de travail du personnel du réseau. Des «gras durs de l’état», comme certains ministres péquistes les appelaient alors, jusqu’aux tribulations schizophrènes des ministres-médecins des quinze dernières années qui ont tenté de transformer nos hôpitaux en chaînes de montage industrielles, le réseau de la santé et les «anges gardiens» qui y travaillent ont été compressés, comprimés et déprimés jusqu’à la dernière goutte. Tous ceux qui ont dénoncé cet état de fait, les syndicats aux premières loges, les médecins progressistes, les comités de malades et certains avocats qui les «défendent», n’ont pas réussi à soulever l’intérêt public au point d’atteindre nos politiciens obnubilés par les baisses d’impôts et les déficits zéro. Nous avons donc amorcé cette «guerre» avec des soldats épuisés et mal équipés.

L’armée d’anges gardiens…

En tant que pacifiste, je n’aime pas cette analogie guerrière et j’aurais préféré celle d’une «grande corvée solidaire» pour faire face à ce désastre naturel. Mais bon, continuons l’analogie de notre armée d’anges gardiens pour mieux comprendre pourquoi nous en sommes rendus là.

Si vous croyez que les soldats n’ont pas peur lorsqu’ils montent au front, vous vous trompez. Depuis des années, les survivants des deux grandes guerres mondiales nous ont raconté cette peur qui les tenaillait à l’approche des grands débarquements ou des assauts qu’ils ont dû subir pour «défendre la patrie». Qu’est-ce qui motive un soldat à risquer sa vie? Bien sûr certains s’engagent en espérant ne pas avoir à subir le feu de l’ennemi. Mais si on n’a pas été «conscrit», on s’engage dans l’armée pour avoir un travail, de meilleures conditions de «vie» et aussi pour défendre une cause. Qu’est-ce qui nous permet ensuite d’accepter de risquer notre vie dans ce «travail» difficile? D’abord et avant tout la confiance. Confiance en nos camarades de combat, confiance en nos équipements et confiance en nos chefs, du sergent jusqu’au général. Pour risquer sa vie, on doit croire qu’on a la bonne cause, la bonne stratégie, que nos compagnons de route nous porteront secours en cas de problème et que notre fusil ne s’enrayera pas dès le premier tir. Cette confiance n’enlève pas la peur, mais elle permet de faire pencher la balance vers le combat plutôt que vers la désertion.

La confiance…

Revenons au réseau de la santé. Toutes les réformes qui ont bousculé le réseau et surtout les travailleuses qui y œuvrent ont été dénoncées par celles-ci depuis des années. Avez-vous entendu une seule organisation de travailleuses qui a encensé une de ces réformes depuis vingt ans? Toutes les études sur le niveau de stress et l’état mental et physique des travailleuses du réseau nous indiquaient que la détresse était fortement présente partout, dans la santé comme le social, dans les établissements comme dans les soins à domicile. Les ministres et le personnel-cadre qui ont appliqué ces réformes et ces compressions n’avaient pas vraiment la confiance des personnels. Certains cadres ont peut-être réussi à conserver un certain respect des employés, mais ceux-ci savaient depuis longtemps que la structure de gestion priorisait bien d’autres choses que les conditions de travail et de vie des employés. Les stratégies déployées depuis des années ne visaient pas vraiment non plus à améliorer les services, mais plutôt à en réduire les coûts. Bref, les «soldats» n’avaient pas confiance en leurs dirigeants ni en leurs stratégies…

Les équipements…

Quant aux équipements, il faut rappeler que les employeurs ne fournissent pas les uniformes à tout le personnel pour comprendre que notre «armée» est bien souvent nue devant les agents pathogènes qu’elle tente de combattre. Y a-t-il une seule armée sur la planète qui ne fournit pas l’uniforme à tous ses soldats? De plus, nos anges gardiens reviennent trop souvent à la maison en portant leurs vêtements «souillés», utilisant les transports en commun, car ils n’ont pas de vestiaires sur les lieux de travail ou doivent laver eux-mêmes leurs uniformes… Avec les coupures subies depuis des années, il n’est pas rare de manquer d’équipement au travail. Alors, dès le début de la pandémie des doutes ont surgi rapidement lorsque les employeurs ont rationné les équipements de protection comme les masques et les jaquettes de protection. Les normes de protection ont même été ajustées à la baisse à cause du manque d’équipement! Pourtant, en 2006, un rapport du ministère de la Santé avait prévu, sur papier du moins, l’organisation des mesures préventives en cas de pandémie, prévoyant entre autres des réserves suffisantes d’équipements de protections. Mais c’était sans compter sur l’incurie administrative qui a laissé ces réserves s’épuiser ou se corrompre dans des entreposages mal gérés. Le document de 2006, dans un sursaut de réalisme, indiquait pourtant qu’en cas de pandémie, tous les pays chercheraient à se procurer simultanément des équipements et qu’il fallait donc en prévoir des réserves importantes… Bref, nos «soldats» du réseau savaient que celui-ci risquait de les envoyer au front sans l’équipement adéquat.

Les camarades…

Il restait, pour nos anges gardiens, la rassurante complicité des camarades de travail en cas de coup dur. Encore là, l’organisation du travail dans le réseau a parcellisé et parfois même détruit la notion d’équipe de travail stable au profit de la sacro-sainte mobilité des individus. Le personnel n’y est vu que comme une ressource interchangeable, qu’on déplace selon le bon vouloir de «répartiteurs», ceux-ci ne tenant jamais compte des besoins des bénéficiaires des services et encore moins des complicités pouvant souder une équipe. Des agences de placement envoient aussi des «mercenaires» insensibilisés au travail d’équipe un peu partout, leur flexibilité étant valorisée comme l’élément prioritaire des soins. Cette «insensibilisation des soins» a été combattue dans plusieurs équipes de travail, mais le travail de sape a fait son œuvre. Si bien qu’en cas de coup dur, plusieurs ont senti qu’ils ne pouvaient plus compter sur un total appui de ceux et celles qui les entouraient «sur le plancher» parce qu’ils ne formaient plus un «bataillon» habitué d’intervenir ensemble, mais plutôt des individus disséminés dans différents départements, différents établissements, au hasard des disponibilités et des affectations. Bref, malgré de nombreuses exceptions d’équipes dévouées et soudées, une grande partie du réseau ne comporte pas d’équipes autonomes, capables de réagir rapidement et efficacement à une attaque imprévue.

Des déserteurs?

Depuis le début de la pandémie, j’ai été scandalisé par les dirigeants politiques qui disaient que des milliers de travailleuses étaient absentes du réseau parce qu’elles étaient atteintes de la maladie du Covid-19 ou en quarantaine ou avaient peur que le virus ne les infecte! Comme si ces personnes étaient responsables de la pénurie de personnel dans le réseau! D’abord et avant tout, le réseau manquait de personnel AVANT le début de la pandémie. Les anges gardiens ne sont pas non plus immunisés contre les maladies que subit la population en général! Des problèmes cardiaques, des cancers, des épuisements professionnels et autres fléaux frappent régulièrement une bonne partie des 275,000 personnes qui travaillent dans le réseau. Ensuite, si des gens sont infectés par la Covid-19 ou en quarantaine, c’est très souvent parce qu’ils n’ont pas été protégés adéquatement alors qu’ils travaillaient auprès de personnes malades et infectées par le virus. Parfois, on les a même obligés à travailler bien qu’ils montraient des symptômes de la maladie ! On les a aussi laissés travailler d’un département à l’autre, d’un établissement à l’autre, de sorte qu’en soignant ils ont involontairement propagé l’infection. Ce manque d’intelligence dans l’organisation de leur travail ne dépend pas d’eux, mais d’un réseau tentaculaire et bureaucratisé, chapeauté par une structure centralisée incontrôlable.

La peur…

Finalement, la peur… Peut-on reprocher à un soldat qui ne croit plus à ses généraux, à leurs stratégies improvisées, qui voit ses armes s’enrayer à chaque tir et dont les équipements sont manquants et qui, en plus, ne reconnait même plus les membres de son bataillon, peut-on lui reprocher de déserter? Surtout si ce soldat «ange gardien» peut rapporter la mort dans sa famille comme il l’a peut-être fait avec les gens qu’il pensait soigner? Personne ne connaît vraiment le nombre de soldats du réseau qui ont déserté. On a d’ailleurs vu les médecins spécialistes rechigner à s’engager comme volontaires au milieu de la bataille des CHSLD, considérant sans doute à juste titre que les «ordres» étaient confus, les équipements manquants et l’impact de leur présence plus à risque pour l’avenir qu’efficace à court terme…  Personnellement, je ne crois pas qu’il y en ait des milliers qui aient fui le champ de bataille. Je sais que plusieurs ont démissionné carrément, n’étant plus capables de supporter les conditions d’exercice de leur profession. Les travailleuses du réseau que j’ai côtoyées tout au long de ma vie ont toujours démontré beaucoup de courage et même d’abnégation. Je ne crois pas qu’elles soient soudainement devenues des «déserteuses» devant une maladie, aussi mortelle soit-elle.

Rassurer, oui. Mais sans mentir!

Il était peut-être de la responsabilité des dirigeants publics de rassurer la population au début du «conflit» en leur lançant des «ça va bien aller». Mais ils savaient aussi que «ça allait mal finir» parce que nous n’étions pas prêts pour la bataille. Ils savaient que des endroits comme les centres pour personnes âgées allaient défaillir puisqu’ils les avaient fragilisés eux-mêmes depuis tant d’années. Ils savaient que l’organisation du travail allait faire en sorte de propager le virus d’un département à l’autre, d’un établissement à l’autre. Ils savaient qu’ils avaient vidé les entrepôts des équipements nécessaires à la protection des travailleuses de la santé. Ils savaient que le personnel était déjà au bord de l’épuisement et que la pandémie allait en mettre KO plusieurs milliers à cause de la surcharge de travail qu’on allait leur imposer. Ils savaient que ça allait mal finir pour celles et ceux qui étaient les plus fragiles, anges gardiens ou bénéficiaires.

Sachant tout cela, nos dirigeants politiques devraient cesser de laisser entendre que des milliers de personnes ont fui le champ de bataille. Ils devraient plutôt remercier concrètement tous les personnels de la santé et des services sociaux. Ils devraient annoncer dès maintenant qu’ils vont réinvestir dans ces réseaux pour redonner une dignité concrète aux malades et personnes hébergées tout en donnant aux personnels de meilleures conditions d’exercice de leurs professions et une autonomie professionnelle qui va les rendre fiers d’y œuvrer.

Si, au sortir de cette crise, la population du Québec ne se souvient pas des erreurs qui ont été commises et qui ont mené à la situation désastreuse actuelle, on pourra alors imprimer dès maintenant le slogan de la prochaine épidémie : Ça va mal finir!

Louis Roy

12 mai 2020

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Commentaires

  • Jacques Tricot  De 12 mai 2020 à 16 h 28 min

    Bravo Louis ! beau texte de réflexion qui reprend ce qu’on a vu dans le réseau depuis les années ’90.

    Jacques

    _____________________
    Jacques Tricot
    Conseiller syndical à Mobilisation Rive-sud et St-Jean
    Coordination régionale Montérégie

    7900, boulevard Taschereau,
    Edifice E, bureau 100,
    Brossard, Qc. – J4X 1C2
    450 466-2436 – Fax : 450 466-5134

  • André A Lavoie  De 12 mai 2020 à 17 h 39 min

    Que ça fait du bien de lire ton texte, Louis, et je retiens en particulier les paragraphes sur les « déserteurs ». Depuis des années que le réseau connaît des taux d’absence maladie qui vont en s’accroissant, des taux qui sont régulièrement entre 3,5% et 5% des effectifs (4% de 275000 ça fait 11000…alors entendre tous ces radotages sur les « déserteurs » des dernières semaines, c’en est trop). Comme c’est parti là ce n’est pas être pessimiste que d’avancer que « ça va mal finir! »

  • Bernard Lanthier  De 12 mai 2020 à 18 h 40 min

    Très juste et belle analyse de la situation. Pour oeuvrer dans le réseau de la santé et services sociaux depuis 27ans, je n’aurais pu décrire la transformation comme tu l’as faits. Je crois que le personnel à inventer le terme résiliences.
    Merci, de partager ton opinion…

  • Jean-Robert Primeau  De 12 mai 2020 à 19 h 31 min

    Bonjour Louis,
    Tu as écrit là un texte vraiment excellent. Je crois que tu devrais l’acheminer au Devoir ou à tout autre journal. Il mérite d’être lu.
    Tu expliques très clairement le fossé qui existait au début entre ce qu’affirmaient M. Legault et Mme McCann versus les expériences concrètes vécues par les travailleuses en résidences publiques ou privées beaucoup sur la question des équipements de protection, les obligations de travailler malade, etc.
    Je suggère aussi que tu le fasses parvenir au Bureau d’enquête du Journal de Montréal car ton texte ressemble à un document déposé officiellement à une commission d’enquête qui, je l’espère, devrait venir si jamais la crise se tasse vraiment.
    Quand tu écris sur les vêtements des employées obligées de les porter pour rentrer chez elles, j’ai pensé à l’éclosion communautaire à Montréal-Nord où, j’en suis sûr beaucoup de préposées et infirmières demeurent. C’est une hypothèse.
    Quant aux réserves inexistantes ou au matériel gâté par un mauvais entreposage, je trouve que c’est une faute lourde qui mériterait sanction à la hauteur des conséquences gravissimes dont nous sommes tous témoins.
    Bref, je souhaite que ton texte soit lu, connu, discuté le plus largement possible et pousse le gouvernement à des engagements précis.
    Je te félicite et je te souhaite de poursuivre ton travail précieux !

    • Louis Roy  De 13 mai 2020 à 11 h 00 min

      Merci Jean-Robert pour tes bons mots. J’ai effectivement envoyé ce texte aux trois grands quotidiens francophones de Montréal. Mais cette longue «tartine» n’entre pas dans les critères de l’espace donné aux abonnés ou aux lecteurs… Trop long! 🙂

  • ROBERT DESCHAMBAULT  De 13 mai 2020 à 11 h 51 min

    Merci!

  • Aline Roy  De 13 mai 2020 à 12 h 04 min

    Bonjour Louis, Combien de fois avons-nous dénoncer cette situation et il n’y avait personne à l’écoute. On se faisait dire que les syndicats exagéraient. Alors, maintenant la population est au courant. Bravo pour ton texte
    Si je faisais mon égoiste je te dirais de ne jamais prendre ta retraite, on a trop besoin de toi.
    Bonne journée

  • Therese Tremblay  De 14 mai 2020 à 23 h 33 min

    Bele réalité. Merci

  • Eileen  De 14 mai 2020 à 23 h 36 min

    Votre vision très éclairée du réseau rencontre tristement nos perceptions, pour plusieurs. J’ajouterais que l’une des pistes sur lesquelles s’enligne M. Legaut, i.e. augmenter les salaires des PAB, ne rencontre pas la vrai nécessité : à mon avis, ce sont de meilleures conditions de travail qui sont nécessaires : pour tous les travailleurs de la santé : l’urgence est de rétablir des quotas patient/intervenant humains… On verra après pour les salaires. Personne n’est contre une augmentation de salaire … mais l’urgence est ailleurs. Plus de temps pour chaque patient, moins d’épuisement pour chaque travailleur. Est-ce qu’on aura le courage de le faire ?

    • Jean-Paul  De 15 mai 2020 à 13 h 43 min

      Je ne sais pas si nous avons le courage. Il manque beaucoup de solidarité dans notre société. Nous vivons dans un monde « Me, Myself, and I ».

  • Eileen Squires  De 14 mai 2020 à 23 h 42 min

    J’appuie votre réflexion et vos constats. Aussi, vos analogies sont poignantes. Merci! J’ajouterais que, bien que personne ne soit contre les augmentations de salaires, dans le contexte actuel de l’économie, l’urgence sera d’améliorer les conditions de travail, pas d’augmenter les salaires. A prix égal, réduire les quotas patients/intervenant serait gagnant pour tous. Plus de temps de qualité auprès des bénéficiaires (aînés surtout) et satisfaction au travail qui prévient les burn-out.

  • Carole  De 15 mai 2020 à 10 h 28 min

    Très beau texte. Un peu long, peu de monde vont l le lire jusqu’au bout. Pourquoi, parce qu’ils ne veulent l’évidence. Juste à voir comment les gens agissent depuis le deconfinement.

  • Louis-Andre Boulay  De 15 mai 2020 à 10 h 43 min

    Merci, Louis pour la lucidité de ce texte qui met en lumière la triste réalité du réseau de la santé et des services sociaux au Québec et que tous dénoncent depuis les années 90.
    J’espère que cette pandémie qui nous affecte présentement servira de leçon à nos dirigeants qui gouvernent l’état comme une entreprise sans se soucier de la collectivité qui la soutient à bout de bras.
    La collective sociale est l’affaire de tous et surtout de nos dirigeants qui semble vivre sur une autre planète.
    Bravo à toutes les personnes qui soutiennent ce réseau et tous ceux qui œuvrent dans les organismes communautaires pour venir en aide au plus démunis.

    Louis-André Boulay
    Conseil central de la Montérégie

  • Fernande Desjardins  De 15 mai 2020 à 11 h 17 min

    Fort bien dit, M. Roy. Dites-moi, serez-vous notre prochain Premier ministre? Pour 30 ans minimum, le temps pour vous de nous rétablir à fond ce système! Vous avez toute ma reconnaissance.
    Fernande Desjardins, citoyenne
    Montréal

    • Louis Roy  De 15 mai 2020 à 11 h 43 min

      🙂 Je pourrais difficilement me plier aux «lignes» de partis politiques! Je ne suis qu’un citoyen comme les autres, préoccupé par les conditions de vie de ses concitoyennes. Pour moi, l’économie n’est qu’une partie de la vie collective et elle devrait se limiter aux échanges essentiels pour le bien-être des personnes et à l’art «marchand». Un tel programme politique ne trouverait pas preneur dans cette société obnubilée par le profit… Et puis, trente ans ! Il me faudrait un peu de temps pour méditer, écrire, jouir de la vie, voir ma famille et mes amis… Où trouverais-je le temps de «gouverner»! :-))

  • Lise English  De 15 mai 2020 à 11 h 51 min

    C’est vraiment notre réalité.

  • Mélanie Guerin  De 15 mai 2020 à 20 h 25 min

    Moi j’ai 45 ans aucune formation de préposé au bénéficiaire mais je cogne à toute les portes pour aider dans les CHSLD et l’hôpital Charles lemoyne de Longueuil m’a répondue très heureuse de parler Pensant que je lui venais en aide alors la bureaucratie à fais en sorte que je ne suis pas diplômé secondaire 5 alors je ne peux aider mis j’ai un enfant de 16 ans élever seule … mon neveu est décédé à 16 ans de la paralysie cérébrale et je m’en occupais alors svp laisser vous aider

  • Gilles Bélanger  De 16 mai 2020 à 10 h 49 min

    Merci Louis de ces observations si justes et malgré tout si peu revanchardes.

    Ayant travaillé près de 45 ans dans ce réseau, je n’ai certainement pas tout vu, mais été malgré moi témoin de plusieurs réformes. Elles avaient presque toutes en commun le souci d’épargner des ressources financières sans se soucier des ressources humaines. Ces réformes avaient aussi en commun de bien maquiller l’apparence du réseau et surtout de bien masquer la main mise politique du milieu hospitalier.
    Au final, j’aimerais bien qu’on demande à Monsieur Legault (lui même ancien ministre de la santé) où il était, ainsi que tous les participants aux différents gouvernements, et qu’est-ce qu’il a tant fait pour éviter la dévalorisation de ce réseau, et particulièrement ses éléments déjà plus fragiles comme les CHSLD.
    Malheureusement nous avons tous assisté à cette concertation entre les différents partis politiques où on nous parle d’économie au lieu de finance, comme si la valeur ultime était l »argent et non la vie !
    Monsieur Legault et son gouvernement auront-ils le courage de faire quelques pas en arrière afin de remettre ce train sur des rails plus humains et aussi plus sécuritaires dans le plus grand intérêt collectif?

  • Simon Dubois  De 17 mai 2020 à 17 h 41 min

    J’ajouterais à votre analyse, les coupes massives du fédéral lors de la création du « Transfert social canadien » sous le magnanime Paul Martin, alors ministre des finances. Puis la mise sur pied du système d’évasion fiscale à large échelle par le même gouvernement, qui nous prive aujourd’hui d’un montant imposable annuel de plus de 400 milliard à l’échelle du pays. Ça semble toujours demeurer dans notre angle mort politique, on en parle pas beaucoup.

  • Martin Dupras  De 18 mai 2020 à 7 h 50 min

    Je me souviens du fameux leitmotiv lancé par les gestionnaires de l’époque lors de la vaste entreprise de « rationalisation » du système dont le virage ambulatoire était un des aspects (un virage en épingle qui nous a fait prendre le décor): « On va en faire plus avec moins ». Le plus étant la job de bras sur le plancher, le moins étant les ressources financières. Il semble que les gestionnaires y croient encore puisque nous ne sommes pas sorti de cette machine infernale. On retrouve les mêmes mécanismes en éducation, dans nos écoles.

  • Robert Marquette  De 19 mai 2020 à 8 h 57 min

    Très bon texte Louis ça résume l’essentiel de la débandade du réseau de la santé et ce depuis la fin des années 80.Nous n’étions pas devin mais nous appréhendions un désastre à venir bien nous y sommes.Une chance que des femmes et des hommes luttes par leurs travail pour maintenir un minimum de soins aux personnes atteintes de la covid19 19. Nous leurs devons un immense remerciement.Tant qu’aux politiciens qui ont scraper le réseau de la santé à travers ses années nous devons les dénoncer et leurs faire payer politiquement pour ce désastre.

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